Archives de catégorie : AgriSTAMP

La Martinique se dote d’un réseau d’utilisateurs AgriSTAMP

Les 12, 13 et 14 novembre 2025, le Cirad/CAEC de Petit Morne au Lamentin a accueilli une formation dédiée au modèle AgriSTAMP, un outil spatial pour mieux comprendre l’utilisation et le devenir des produits phytopharmaceutiques à l’échelle des territoires.

La première journée a présenté le contexte, le modèle et ses principales fonctionnalités, avec démonstration et échanges avec des utilisateurs. Les deux jours suivants ont alterné exercices pratiques et cas d’étude : prise en main de l’interface, lancement de simulations, paramétrage avancé, modification des fichiers de référence et travail sur des exemples experts.

Cirad, IRD, IT2, ODE, DEAL, CTM, Chambre d’agriculture, et des bureaux d’étude étaient représentés. Répondant aux interventions données la semaine précédente en Guadeloupe, cette diversité d’acteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’environnement pose les bases d’une future communauté d’utilisateurs d’AgriSTAMP en Martinique, prête à mobiliser le modèle dans ses projets de territoire.

Évolution des pratiques phytosanitaires en Guadeloupe : AgriSTAMP présenté aux acteurs du territoire

Le 4 novembre 2025, 25 acteurs de la Guadeloupe se sont retrouvés sur la station du Cirad à Capesterre-Belle-Eau pour une journée consacrée aux pratiques phytosanitaires. La rencontre s’inscrivait dans les travaux menés dans le cadre des projets AgriSTAMP, Territoires Durables et Ecophyto 2030, avec un objectif clair : documenter les usages, montrer les outils disponibles et construire ensemble des trajectoires de réduction des pesticides à l’horizon 2040.

Face à un public rassemblant services de l’État (DAAF), collectivités (Région, ODE), organismes techniques (chambre d’agriculture, IT2, CTCS, IGUAFLHOR, Assofwi, SICADEG) et recherche (CIRAD, INRAE, CNRS), plusieurs approches ont été présentées. Le modèle de simulation AgriSTAMP a notamment été montré comme un outil permettant d’évaluer et de territorialiser l’impact des pesticides sur les sols et les cours d’eau, via une interface qui aide les acteurs à tester des changements de pratiques ou de réglementation. Les personnes intéressées ont pu poursuivre par deux jours de formation à l’ODE de Basse-Terre.

L’après-midi a pris la forme d’un atelier participatif pour transformer ces constats en action. Trois plans d’action ont émergé : un volet recherche (pour consolider les données et les innovations), un volet État/collectivités (pour mieux articuler les politiques publiques) et un volet services techniques/interprofessions (pour diffuser les solutions sur le terrain). Tous vont dans le même sens : la baisse déjà observée des pesticides entre 2009 et 2023 doit être soutenue et organisée, en s’appuyant sur des outils communs… dont AgriSTAMP fait désormais partie.

Consulter l’article d’actualité sur le site du Cirad

Publication de notre article sur Agri-STAMP dans Science of the Total Environment

Notre équipe a le plaisir de vous présenter notre dernier article, publié dans Science of the Total Environment (vol. 959, 2025). Nous y décrivons le modèle Agri-STAMP (Spatial-TemporAl Model of Pesticide use in AGRIculture), une évolution du modèle PresAgriDom déjà mobilisé par nos partenaires des offices de l’eau pour les états des lieux de la Directive-Cadre sur l’Eau. Ce modèle vise à reconstituer, sur plusieurs décennies, l’usage des pesticides et leur devenir environnemental en s’appuyant sur des données publiques parcimonieuses – cartes d’occupation du sol, statistiques de ventes de produits phytosanitaires, sols et pluies – tout en tenant compte de l’hétérogénéité spatiale et temporelle des pratiques agricoles .

Étude de cas : Guadeloupe, 1972-2014

Pour tester le modèle, l’article décrit une analyse rétrospective sur 65 substances actives employées en banane, canne et maraîchage sur quarante ans. Les sorties montrent une forte corrélation entre quantités simulées et ventes officielles sur 2009-2014 (Pearson R = 0,95) ; une capacité à reproduire la distribution spatiale de la chlordecone dans les sols, avec un coefficient de concordance Kendall τ atteignant 0,60 à l’échelle IRIS . Ces performances confirment la robustesse du modèle malgré la rareté des données historiques détaillées.

Ce que cela change pour les acteurs

En agrégeant les résultats au niveau des bassins versants ou des unités statistiques IRIS, Agri-STAMP fournit des cartes rétrospectives et prospectives indispensables à la surveillance réglementaire, à l’évaluation des politiques de réduction des intrants et aux études épidémiologiques .

Perspectives

Dans le cadre d’un projet financé par l’OFB, nous travaillons à une interface graphique pour démocratiser l’outil auprès des services techniques et des décideurs, et à son adaptation à de nouveaux territoires tropicaux et tempérés.

Pour consulter l’article complet : https://agritrop.cirad.fr/612168/